Une borne d’arcade de comptoir pour deux joueurs, en planches de peuplier peintes en rouge et bleu : un écran de 22 pouces récupéré, deux manches, seize boutons, et un Raspberry Pi qui fait tourner les jeux des salles d’arcade et des vieilles consoles. Elle vit au café associatif de La Traverse.

Le besoin de départ

La Borne terminée dans l'atelier : un caisson rouge et bleu posé sur un piétement de bois, son nom découpé sur l'enseigne entre deux grilles de haut-parleur, l'écran dans un cadre rouge, et le panneau de commande bleu avec deux manches et leurs boutons

Juillet 2025, La Borne terminée, dans l’atelier, avant de partir au café : l’enseigne et ses deux haut-parleurs, l’écran dans son cadre, le panneau des deux joueurs.

L’idée est née pour La Manoque, le café associatif de La Traverse : un objet de jeu qu’on trouve en entrant, qu’on comprend sans explication, et auquel on joue à deux, côte à côte. Une borne d’arcade fait exactement ça depuis les années 1970.

Une borne du commerce coûte cher. Une borne fabriquée se répare : le caisson est en bois, l’écran est un moniteur ordinaire, l’ordinateur est un Raspberry Pi, et les boutons se changent un par un. Tout ce qui casse se remplace, et tout ce qui se remplace se trouve.

Le dossier du projet garde aussi le plan d’une borne debout de 1,70 m. C’est finalement un modèle de comptoir qui a été construit, posé sur un piétement : plus petit, plus léger, et assez haut pour jouer debout. Le projet prévoyait dès le départ d’être documenté, pour être refait ailleurs.

Comment ça marche

Un ordinateur, un écran, des commandes et du son, dans une caisse de bois.

L’ordinateur est un Raspberry Pi sous Recalbox, un système libre qui en fait une console de jeu. Il démarre directement sur un menu, les jeux classés par machine, et imite les bornes d’arcade et les consoles de salon d’autrefois. Pas de clavier, pas de souris : tout se pilote avec les commandes de la borne.

L’écran est un moniteur d’ordinateur de 22 pouces, récupéré, placé derrière un cadre peint qui ne laisse voir que l’image.

Le panneau de commande bleu vu de près : à gauche un manche à boule bleue et six boutons rouges, à droite un manche à boule rouge et six boutons bleus, des boutons argentés aux deux bouts et au milieu, et sur la façade rouge un Pac-Man et des pièces peintes

Deux joueurs, chacun son manche et ses six boutons ; les boutons argentés lancent la partie et mènent aux menus.

Le panneau de commande donne à chaque joueur un manche à boule et six boutons en deux rangées de trois, la disposition des jeux de combat. Des boutons argentés, aux deux bouts et au milieu, servent à lancer une partie et à naviguer dans les menus. Le Raspberry Pi voit l’ensemble comme deux manettes de jeu.

Le son sort de deux haut-parleurs logés dans l’enseigne, en haut de la borne, derrière deux grilles imprimées en 3D, de part et d’autre du nom.

Recalbox arrive avec une sélection de jeux libres, qu’on a le droit de distribuer et d’installer partout. Les autres jeux restent la propriété de leurs éditeurs.

Comment c’est fabriqué

Machines
scie circulaire, découpe laser, imprimante 3D
Matériaux
planches de peuplier de 3 cm, une plaque de 8 mm pour le panneau de commande, peinture ; un écran de 22 pouces de récupération, un Raspberry Pi et sa carte microSD, deux manches et seize boutons d’arcade, deux haut-parleurs
Temps
75 heures de travail, de septembre 2024 à juillet 2025
  1. Le plan. La borne suit un modèle de comptoir existant, « Arcade Bartop », dessiné par CAO Station, avec une notice de montage pièce par pièce. Les pièces ont été redessinées dans Inkscape. La Borne s’en écarte sur deux points : le bois, du peuplier de 3 cm au lieu du MDF prévu, et l’écran, un 22 pouces de récupération là où le plan en attend un de 17 ou 19.
  2. Le caisson. Les planches de peuplier sont débitées à la scie circulaire, à l’atelier bois : les deux côtés, le fond, le dos, l’enseigne, le cadre de l’écran et le support du panneau de commande. Le tout s’assemble par vis.
  3. Le panneau de commande. Une plaque de 8 mm, 570 x 190 mm, percée au laser : dix-sept trous de 24,5 mm pour les boutons et le passage des manches, quatre trous de vis. Les manches se fixent par-dessous.
  4. Les grilles des haut-parleurs. Deux grilles de 110 x 65 mm, imprimées en 3D, qui se posent devant les haut-parleurs de l’enseigne.
  5. La peinture et le décor. Rouge pour le caisson, bleu pour le panneau et l’intérieur, le nom de la borne découpé et collé sur l’enseigne, et quelques silhouettes de personnages de jeux vidéo.
  6. Le montage. L’écran derrière son cadre, le Raspberry Pi dans le caisson, les commandes et les haut-parleurs raccordés.
  7. Le logiciel. Recalbox s’installe en copiant son image sur la carte microSD du Raspberry Pi. Au premier démarrage, on apprend au système quel bouton fait quoi, joueur par joueur, depuis son menu.

Conçue et fabriquée par un membre de l’Atelier Partagé (La Traverse, Bergerac), de septembre 2024 à juillet 2025, pour le café associatif La Manoque, où elle est installée.

Fichiers et plans

  • Le panneau de commande au format xTool, pour une P2 et une plaque de 8 mm : le contour de 570 x 190 mm, les dix-sept trous de 24,5 mm, les quatre trous de vis.
  • La grille de haut-parleur, 110 x 65 x 5 mm, à imprimer en deux exemplaires.
  • Le plan du caisson n’est pas ici. C’est le modèle « Arcade Bartop » de CAO Station, dont la licence n’est pas connue : il n’est donc pas redistribué. Sa notice détaille chaque pièce, chaque vis et l’ordre de montage.
  • Recalbox, gratuit et libre, avec sa documentation d’installation sur Raspberry Pi.

Ce qu’on ferait autrement

Le calendrier a doublé. Le plan de départ comptait une quarantaine d’heures, en séances de trois heures sur quinze semaines. Il en a fallu 75, sur dix mois. C’est l’ordre de grandeur à annoncer à qui veut s’y lancer.

Rien n’a été noté en chemin. Le projet prévoyait un registre des dépenses et un guide rédigé au fur et à mesure ; il n’en reste que les fichiers. D’où une fiche sans coût ni schéma de câblage. La prochaine fois : garder les tickets, et photographier l’intérieur avant de refermer le dos, pour que la prochaine borne, ou la première réparation, ne reparte pas de zéro.

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