Un tampon qui reproduit la signature de la personne, gravé au laser dans du caoutchouc et monté sur une poignée imprimée en 3D. Signer redevient un geste qu’on fait seul, et la signature est enfin toujours la même.
Le besoin de départ
Tenir un stylo demande une pince fine, de la force et du contrôle sur plusieurs centimètres de tracé. Quand la préhension ne suit pas, la signature devient illisible, différente à chaque fois, ou impossible.
L’administration ne s’en accommode pas. Une signature qui varie est une signature contestée ; un document non signé est un document non traité. Il reste la procuration, qui règle le problème en transférant le geste à quelqu’un d’autre ; et avec lui, une part de la décision.
Le besoin n’est donc pas d’écrire : c’est de signer soi-même, toujours pareil.
Comment ça marche

À gauche le caoutchouc gravé, en miroir ; à droite l’empreinte.
La signature est numérisée une fois, puis gravée en relief dans une plaque de caoutchouc, en miroir, puisque c’est l’empreinte qui doit se lire à l’endroit. Le laser creuse tout ce qui doit rester blanc et laisse le tracé en saillie.
Le caoutchouc est collé sur un support, lui-même prolongé par une poignée imprimée en 3D. C’est cette poignée qui fait tout le travail d’adaptation : sa forme et son volume sont dessinés pour la main de la personne, de sorte que le geste de signer se réduise à poser et appuyer, à pleine main s’il le faut.
Le tracé, lui, ne varie plus d’un document à l’autre. C’est précisément ce qu’on demandait.
Comment c’est fabriqué
- Machines
- découpeuse laser pour la gravure, imprimante 3D pour la poignée
- Matériaux
- caoutchouc, PLA
- Temps
- 1 h 30
- Coût
- 3 €
- Numériser la signature de la personne, au scanner, à partir d’un tracé net.
- Graver la signature en miroir dans le caoutchouc à la découpe laser.
- Essayer le tampon sur papier : c’est là qu’on voit si la profondeur de gravure est suffisante et si les déliés ne se sont pas bouchés.
- Dessiner le support et la poignée sous Fusion 360, en partant de la prise de la personne, et les imprimer en PLA.
- Assembler à la colle.
Fabriqué avec le FabLab municipal de Neuvic, dans le cadre du projet d’aides techniques porté par APF France Handicap Dordogne, inspiré du HumanLab de MyHumanKit.
Fichiers et plans
Rien à publier ici : la gravure est un fichier unique, propre à une personne, et la poignée est dessinée pour une main.
Ce qui se transmet est la marche à suivre, en trois temps : numériser, graver, ajuster la prise. La partie laser relève de la gravure courante (voir découpe laser pour les réglages) ; le caoutchouc demande simplement plus de profondeur qu’une gravure décorative.
Ce qu’on ferait autrement
Numériser plusieurs signatures et choisir la meilleure. Une seule capture, c’est un pari : les déliés trop fins se bouchent à l’encrage et le tampon devient une tache. Trois ou quatre tracés permettent de retenir celui qui a le trait le plus franc.
Faire l’essai sur papier avant d’imprimer la poignée, et non l’inverse. Si la gravure est à refaire, autant ne pas avoir déjà dessiné le support autour.
Deux points à régler avec la personne, en amont. D’abord l’usage administratif : un tampon n’est pas partout reçu comme une signature manuscrite, et cela se vérifie auprès de la banque ou de l’administration concernée avant de fabriquer. Ensuite la conservation : un tampon se prête, s’emprunte et se perd, ce qu’une signature de la main ne fait pas. Il vaut mieux le dire au moment de la remise que le découvrir après.
Ce projet a été soutenu en 2025 par la Fondation Afnic, financée par le .fr, et la Fondation groupe EDF.

