Des bijoux imprimés en 3D, chacun portant le signe d’une situation de handicap choisi par la personne qui le porte. Se rendre visible sans avoir à s’expliquer, et le faire avec un objet qu’on a soi-même dessiné.
Le besoin de départ
Beaucoup de handicaps ne se voient pas. Il faut donc les dire, à chaque guichet, à chaque file d’attente, à chaque interlocuteur qui s’impatiente. Se justifier en permanence est épuisant, et souvent inutile : la parole arrive après le malentendu.
Les signes existants tranchent mal ce dilemme. Un badge administratif rend visible mais rabat la personne sur une catégorie. Ne rien porter laisse le handicap invisible et le malentendu entier.
Le besoin exprimé par le collectif était donc double : être reconnu au premier coup d’œil, et que l’objet qui le permet soit un bijou ; quelque chose qu’on choisit, pas quelque chose qu’on subit.
Comment ça marche

Chacun a choisi son symbole ; seul le pouce « APF 24 » est commun à la série.
Chaque pendentif porte un symbole que la personne a choisi elle-même : un signe de la langue des signes, une pièce de puzzle, un cœur en braille, un œil barré, une oreille barrée. Le pouce marqué « APF 24 » est le seul motif commun ; c’est le signe d’appartenance au collectif.
L’objet fait son travail sans mode d’emploi : porté au cou, il se voit et se lit d’un regard, à la distance d’une conversation. Il ne remplace pas une carte officielle et n’en a pas la fonction ; il évite le moment où il faut expliquer.
La partie qui compte n’est pas la pièce mais le choix du symbole. C’est la personne qui décide ce qu’elle montre, de quel côté du handicap elle se place, et jusqu’où elle en dit. Un pendentif qu’on n’a pas dessiné soi-même ne fait pas ce travail-là.
Comment c’est fabriqué
- Machines
- imprimante 3D ; découpeuse laser pour les versions en bois
- Matériaux
- PLA, cordon de cuir ; bois en variante
- Temps
- 1 h 30 à 2 h par pièce
- Coût
- 0,20 à 0,50 €
- Choisir une image et en supprimer l’arrière-plan.
- Convertir l’image nettoyée en SVG, pour la rendre exploitable en modélisation.
- Importer le SVG dans Tinkercad : dimensions, épaisseur, supports, et surtout la boucle de passage du cordon.
- Exporter en STL et transférer le fichier sur clé USB.
- Imprimer : température, remplissage et qualité réglés selon la finesse du motif.
- Retirer les supports, poncer, polir. C’est cette étape qui fait la différence entre une pièce imprimée et un bijou.
Fabriqué par le collectif APF Dordogne à l’Atelier Partagé (La Traverse, Bergerac), avec le CIDFF Dordogne, dans le cadre du projet d’aides techniques porté par APF France Handicap Dordogne, inspiré du HumanLab de MyHumanKit.
Fichiers et plans
Il n’y a pas un fichier mais autant que de participants : chaque pendentif part d’une image choisie, vectorisée, puis reprise dans Tinkercad. C’est la chaîne image → SVG → volume qui se transmet, pas le modèle.
Deux points d’attention dans cette chaîne :
- le motif doit tenir en aplat - un dessin trop détaillé se perd à quatre centimètres, et ses fines branches cassent ;
- la boucle fait partie du dessin, pas de l’après-coup : une boucle rapportée est le premier point de rupture.
La variante bois passe par la découpe laser plutôt que par l’impression, à partir du même SVG.
Ce qu’on ferait autrement
L’atelier a produit ses meilleures pièces quand le choix du symbole a été discuté en groupe avant de toucher à un ordinateur. Ouvrir Tinkercad trop tôt oriente vers ce qui est facile à modéliser, pas vers ce qu’on veut montrer.
Techniquement, le poste qui coince est la vectorisation : passer d’une image trouvée à un SVG propre demande plus de temps que l’impression elle-même. Prévoir une petite banque de symboles déjà vectorisés (les grands classiques du handicap), et garder le travail sur mesure pour ceux qui veulent autre chose.
Ce projet a été soutenu en 2025 par la Fondation Afnic, financée par le .fr, et la Fondation groupe EDF.

