Un dispositif qui se fixe sur une table, immobilise la boîte de conserve et démultiplie la traction sur la languette. Une conserve à ouverture facile s’ouvre alors vraiment d’une seule main.
Le besoin de départ
Une conserve à languette est présentée comme une ouverture facile. Elle suppose pourtant deux mains qui font deux choses différentes en même temps : l’une tient la boîte, l’autre tire (vers le haut, fort, et d’un coup).
Avec une hémiparésie, la seconde main ne vient pas en renfort. Tenir et tirer simultanément est impossible, et les solutions improvisées sont dangereuses : la boîte coincée entre les genoux glisse, le couvercle à moitié soulevé présente une arête vive, et l’effort part de travers.
Résultat concret : des conserves qui restent fermées, ou une ouverture qui se solde par une coupure.
Comment ça marche

Le levier se crochète dans la languette ; la boîte, elle, ne bouge pas.
Le dispositif sépare les deux gestes que la main unique ne peut pas mener de front.
Un support se fixe sur la table par ventouses et bloque la boîte. Elle ne tourne plus, ne glisse plus, ne se dérobe pas sous l’effort : la main est libérée de la tenir.
Un tire-languette articulé vient se crocheter dans l’anneau. Sa longueur fait bras de levier et son articulation accompagne le mouvement du couvercle : la traction se fait par un geste vers soi, ample et lent, au lieu d’un arrachement vertical. La force demandée tombe, et le geste reste dans l’axe ; c’est ce qui écarte le risque de dérapage sur l’arête.
Comment c’est fabriqué
- Machines
- imprimante 3D
- Matériaux
- PLA, ventouses du commerce
- Temps
- 1 h
- Coût
- 0,75 €
- Modéliser en 3D les trois éléments : le support de table, les pièces articulées, le tire-languette.
- Imprimer.
- Essayer et ajuster : sur la motricité de la personne d’une part, sur les diamètres courants des boîtes d’autre part, petite, moyenne et grande.
Fabriqué à l’Atelier Partagé (La Traverse, Bergerac), avec le CIDFF Dordogne, dans le cadre du projet d’aides techniques porté par APF France Handicap Dordogne, inspiré du HumanLab de MyHumanKit.
Fichiers et plans
Modélisé de zéro, en trois pièces distinctes plutôt qu’en un bloc : le support, l’articulation et le tire-languette s’impriment et se remplacent séparément.
Le tire-languette est la pièce qui souffre ; c’est elle qui reçoit tout l’effort, et c’est donc elle qu’on réimprime.
Ce qu’on ferait autrement
Le réglage qui compte n’est pas la solidité mais la course : trop courte, le couvercle ne se soulève pas assez pour dégager l’arête ; trop longue, le levier bute sur la table avant la fin. Cela ne se calcule pas, cela s’essaie, sur des boîtes vides des trois tailles, avant de toucher à une vraie conserve.
Les ventouses sont l’autre point faible : elles ne tiennent que sur un plan lisse et propre. Sur une table en bois brut ou une nappe, tout le dispositif est à revoir. Une variante à serrage sur le bord du plateau, comme celle du porte-canne, serait plus universelle.
Ce projet a été soutenu en 2025 par la Fondation Afnic, financée par le .fr, et la Fondation groupe EDF.

